Pascale B.

Conseillé par
24 juillet 2024

Pomme pour pomme en mémoire au Kaiser ; les deux veau de l’étang de Sakristjern

Ce premier roman, très poétique, relate l’histoire de deux familles en Norvège (1985) séparées par un pommier, symbole de leur querelle ancienne.
Filip, jeune peintre en herbe, tisse une relation intime avec son grand-père souffreteux, propices aux confidences, permettant à l’un de se libérer et à l’autre de s’épanouir et de comprendre le drame qui s’est joué l’été 1914 entre deux jeunes frères complices, sous le joug d’un père autoritaire.
Le lecteur ne pourra qu’être charmé par la délicate écriture dévoilant chaque paysage comme un tableau vivant, et l’atmosphère singulière de cette famille où l’amour de la nature défie le patriarcat.

Enrichissant.

« Maman est un oiseau. Maintenant, on la trouve le plus souvent perchée sur le bord du vidoir…. Le petit cœur que renferme sa poitrine ne bat jamais en rythme avec les autres cœurs du n°8A. »

« La nymphe est mue par quelque chose. Elle veut monter, émerger, sortir de la vase et de la boue, apparaître au grand jour – là où séjournent les créatures volantes »

XO éditions

Conseillé par
22 juillet 2024

Février 2024.
Une série de meurtres est perpétrée par un mystérieux « Ange noir » ciblant des notables français. Sofia Giordano de l’antiterrorisme, chargée de l’enquête, doit infiltrer la Meute, soutenue par le lieutenant Gabriel Geller occupé par une affaire de réfugiés assassinés.
Les deux policiers, déjà tourmentés dans leur vie privée, vont agir de concert et affronter épreuves et rebondissements.
Le roman est maîtrisé tant au niveau du suspense que des personnages. L’auteur s’est visiblement documenté pour rendre son récit réaliste et addictif.

Son écriture vive et détaillée renforçant l’atmosphère oppressante de ce thriller réussi.

« Le massacre de Noirval a marqué le point culminant de la montée de la violence qui frappait le pays »
« Ces souvenirs, ces visages seront sa citadelle. Contre l’oubli »

Calmann-Lévy

Conseillé par
21 juillet 2024

Le mal absolu

Deux adolescents sont retrouvés morts, mutilés et maqués au fer rouge. Deux hommes vont enquêter parallèlement mais dans le même but d’arrêter un tueur obéissant à un maléfique mode opératoire.

Voici un thriller psychologique exceptionnel, une descente vertigineuse dans le côté obscur de la nature humaine. Les personnages qui traversent ces profondeurs du mal sont complexes et intéressants, la plupart tourmentés par leur passé et impliqués sans limite.

Une enquête tendue à souhait, croisée à l’Intelligence artificielle. Le suspense est maintenu par des chapitres concis et percutants où l’action est omniprésente.

Mystérieux, captivant, sans temps mort, tenant ses promesses du début à la fin.

« Sa mission de simple garde du corps s’était transformée. Il était désormais engagé dans une quête contre des forces qui le dépassaient »
« …Il se dit que la rédemption était peut-être une oasis vers laquelle il pouvait enfin se mettre en route… »

Éditions Gallmeister

Conseillé par
16 juillet 2024

Solitaire Wanda

Le roman de Brooks-Dalton est une œuvre poétique et percutante ancrée dans un futur proche où le dérèglement climatique a transformé l'Amérique profonde. À travers la vie de Wanda, née lors d'un ouragan dévastateur en Floride, le récit explore plusieurs époques de sa vie marquées par des pertes personnelles et les bouleversements écologiques.
La plume de l'auteur, très visuelle, dépeint magistralement les éléments naturels et fait résonner les sentiments de peur et d’anxiété de personnages attachants.
Ce roman se distingue par son appel écologique et féministe, offrant une vision des peurs contemporaines mais aussi l’espoir fragile persistant dans un monde postapocalyptique, avec une touche subtile de fantastique qui renforce le lien profond entre Wanda et le nouvel écosystème. C’est aussi une méditation sur la moralité et les liens humains dans un monde en péril.
Le suspense intensifie la lecture en y ajoutant une tension palpable.

« Les souvenirs d’enfance se déposaient sur sa peau comme du pollen »

Conseillé par
16 juillet 2024

A chacun son histoire

La famille Mohn, composée du père, de la fille et des deux fils, peine à surmonter le vide laissé par le décès de la mère. Les pressions du voisinage et du bureau funéraire pour qu’ils reprennent le cours normal de la vie créent des tensions supplémentaires.
Les carnets de la mère, fil rouge du récit, les unissent et leur apportent quelque solution.
Stefanie Vor Schulte insuffle à ce deuil une douceur et une fantaisie empreintes d’imaginaire. Son écriture aérée enrobe ses personnages de charme et de poésie, qu’ils soient intrépides ou nostalgiques…. Certaines phrases, d’une grande beauté, ouvrent sur des histoires incroyables.

« Dès qu’il se laisse tomber sur son lit, des ténèbres liquides s’insinuent en lui. Il devient une vague, un lac, une mer »
« Je collectionne les objets parce qu’ils renferment en eux la lumière »
« Lime, que la pression d’une sanction ne fait pas bouger d’un cil »
« A peine Bille a-t-elle fini son récit et lu sur les visages de l’auditoire sa propre souffrance qu’elle s’effondre d’épuisement. Brassert se précipite pour amortir sa chute… »