Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

DUO FATAL

Le Chat Moire

20 juin 2019

policier, dentiste

J’aime les polars de Patrick Samuel VAST car ils me réservent toujours des surprises.

Dans ce roman, l’action se déroule dans un cabinet de dentiste : l’assistante du Docteur Lesigne lui déclare qu’elle part se fiancer à Grâce la semaine prochaine, et qu’elle ne reviendra pas travailler au cabinet.

Le dentiste élabore alors un plan pour retenir coûte que coûte son irremplaçable assistante.

J’ai aimé le voisin, Geo, joueur de saxophone et aveugle, qui aidera l’ancien commissaire en retraite à résoudre l’affaire.

J’ai aimé les deux amis du dentiste qui soupçonnent quelque chose, car le médecin n’est pas si organisé que cela.

L’auteur soigne son écriture et n’abuse plus des virgules (voir ici).

Et la présence du chat noir dans le texte, comme sur la couverture, m’a fait sourire.

L’image que je retiendrai :

Celle du dentiste qui, sous le coup de la pression, fait souffrir ses patients.

https://alexmotamots.fr/duo-fatal-patrick-s-vast/

Les Furtifs
20 juin 2019

science fiction

On entre dans un roman de Damasio : on accepte le monde qu’il crée pour nous, et sa révolte.

Car il est encore une fois question de révolte dans son nouveau roman : révolte d’un père qui refuse de croire sa fille morte ; révolte de quelques hurluberlus contre la privatisation des villes et le tout-payant.

J’ai aimé son idée de départ : les furtifs, qui seront parfois furtives. Des êtres de chairs et de sons que l’on ne peut voir au risque de les pétrifier.

Personne n’a encore cherché à communiquer avec eux. Normal, l’armée ne veut que les détruire.

Pourtant, le père de Tishka va découvrir que des petits groupes sont entrés en contact avec les furtifs, lui redonnant espoir dans ses recherches.

Mais qui sont les furtifs ? je dirai que ce sont des êtres plus que vivants : en total symbiose avec la nature dont ils peuvent prendre les formes et les couleurs, ils communiquent grâce à l’art (musique, sculpture…).

J’ai découvert avec intérêt le monde moderne décrit par l’auteur : une bague nous donne accès à certaines zones de la ville, et surtout trace nos désirs et nos besoins.

Les différents personnages ont chacun un signe diacritique de reconnaissance quand ils pensent ou parlent, ce qui permet au lecteur de les identifier. Mais l’auteur réussit ce tour de force de leur créer aussi une identité linguistique, un langage propre (haché et connecté, ou plus scientifique…), pour ne pas que nous tombions dans un ronron de lecture.

Les Zones anti-gouvernements m’ont fait penser aux ZAD qui se développent dans l’hexagone.

Si, encore une fois, les récits de combat ne m’ont pas passionnés, j’ai aimé le monde révolté de l’auteur.

Merci, Monsieur Damasio, vous me sortez de ma condition de mouton.

L’image que je retiendrai :

Celle du système d’écriture des furtifs très condensé et qui s’approche de la poésie.

https://alexmotamots.fr/les-furtifs-alain-damasio/

La colombienne
20 juin 2019

policier, Pologne

Où l’on retrouve le Kub pour sa troisième et quatrième enquête à Varsovie, avec un bras dans le plâtre.

Il reprend celle jamais vraiment commencée de son ami Kochan concernant de suicides suspects de femmes divorcées toutes retrouvées dans leur bain les poignées coupés, l’appartement fermé de l’intérieur.

Mais son enquête principale concerne celle d’un homme retrouvé suspendu au pont de Gdansk, les entrailles à l’air avec une cacahouète scotchée dans sa main.

Aidé de sa nouvelle adjointe La Sèche, il passe au crible la vie et le travail du défunt. Et c’est autour de sa société de financement que se portent tous les regards.

En plein divorce, Le Kub trouve du réconfort sur un forum de discussions réservé aux maris divorcés, ce qui lui apportera quelques ennuis.

On ne s’ennuie donc pas dans ce nouvel opus de l’auteur polonais, et le retournement final m’a laissé sans voix.

J’ai aimé les personnages plus vrais que nature, complexes et tentant de se débrouiller comme ils peuvent avec leurs sentiments.

L’auteur donne à voir un pays qui s’ouvre à la modernité, notamment en ce qui concerne le divorce, ce qui ne va pas sans heurts.

L’image que je retiendrai :

Celle du prologue où il est expliqué que l’on peut cacher de la cocaïne dans des bouteilles de rhum.

https://alexmotamots.fr/la-colombienne-de-wojciech-chmielarz/

Une enquête du commissaire Workan / Plus puissants que les dieux
20 juin 2019

policier, Bretagne

Des plongeurs ont découvert près de la paroi en béton du barrage de la Rance, en Bretagne, une sorte de sarcophage tout à fait singulier. Depuis quand ce cercueil saugrenu est-il envasé au pied de cet ouvrage ?

Ce qui choque l’équipe de flics ce n’est pas tellement la présence d’un corps à l’intérieur, mais le sourire narquois du cadavre momifié. Un sourire jaune, certes, mais quand même.

Workan n’aime pas qu’on se moque de lui.

Cette découverte surprenante va remuer les consciences, notamment, parmi les ouvriers, encore vivants, qui ont participé à la construction de la première usine marémotrice du monde dans les années soixante…

Et que veut cet homme, dans sa maison à Saint-Malo, qui de son bureau, ne quitte pas des yeux le grand édifice en béton qui barre l’estuaire ?

Une nouvelle enquête de Workan et du lieutenant Mahir, sur l’estuaire de la Rance, et de son usine marémotrice, la première construite en France.

L’auteur, par le biais du journal intime d’un des ingénieurs, nous raconte cet exploit des années 1964-66.

Si les détails de construction du barrage ne m’ont pas passionnée, j’ai aimé retrouver Workan et son franc parlé : les dialogues sont toujours aussi savoureux.

Sans compter qu’un ancien du chantier est pratiquement sourd, un autre a une mémoire d’éléphant, et les autres disparaissent les uns après les autres lors de chutes ou glissades mortelles. Ce qui met la patience du commissaire à rude épreuve.

On apprend également le travail des Compagnons du Tour de France.

L’image que je retiendrai :

Celle d’un ancien du chantier qui tient à passer une nuit en garde à vue pour ne pas être tuer.

https://alexmotamots.fr/plus-puissants-que-les-dieux-hugo-buan/

Le chef-d'oeuvre, roman

roman

Actes Sud

6 juin 2019

famille, peintre

Le peintre Johan Steenkamer prépare une grande exposition qui devrait lui apporter la consécration. Pour fêter l’événement, sa mère se propose d’organiser à l’issue du vernissage un grand dîner familial.

Mais Johan annonce à tout le monde qu’il a invité son père, qui a abandonné sa famille. Ce qui fait ressurgir les douleurs familiales.

La seconde partie du roman nous raconte la vie de famille de Johan, son mariage, ses trois enfants, et le décès de sa petite fille, du point de vue de sa femme.

J’ai aimé cette partie : la douleur d’une mère qui perd son enfant et perd pieds quelques temps. Son mari qui ne lui est d’aucun secours et qui ne comprend pas cette douleur.

Johan apparait comme un peintre dont seul compte son œuvre. Aucune critique n’est admise.

Un roman qui tourne autour de la figure du père disparu, celui dont les deux fils, et la femme cherche encore l’approbation, le regard.

Un roman un peu bavard (quelle importance de voir telle personnage faire des confitures), mais qui parle admirablement de la figure du père absent.

L’image que je retiendrai :

Celle du tableau sensé être le Chef-d’oeuvre de Johan.

https://alexmotamots.fr/le-chef-doeuvre-anna-enquist/