Sur un air de fado

Nicolas Barral

Dargaud

  • par (Libraire)
    5 mai 2021

    Remarquable roman graphique

    Prise de conscience politique d'un médecin portugais à la fin des années 60, fin des années de dictature de Salazar.
    Remarquable album, tant par le graphique que par le scénario.
    J'ai adoré.


  • par (Libraire)
    26 mars 2021

    légèreté coupable

    À travers le récit du docteur Fernando Pais, c’est le régime de Salazar qui est évoqué dans ce magnifique album. Une exploration texte et images pour mettre en lumière un pan de l’histoire du Portugal.
    On retrouve Lisbonne et de très beaux personnages dans toute leur complexité.
    À découvrir !

    Isabelle


  • par (Libraire)
    23 mars 2021

    Dans Un air de Fado, nous ne sommes pas encore en 1974, mais dans l'air de Lisbonne flotte déjà comme un parfum d'œillet.
    Une grande BD sur l'engagement et sur la dictature de Salazar (peu abordée en bande dessinée) !


  • par (Libraire)
    23 février 2021

    Au travers du personnage d'un médecin, ni héros ni collabo, cette bande-dessinée nous transporte au Portugal durant la funeste dictature de Salazar. Textes et dessins nous font connaitre un peu mieux cette période de l'histoire portugaise, qui meurtrit ce pays durant 40 ans.
    A lire !


  • 6 février 2021

    Poignant !

    Portugal, sous la dictature de Salazar. Fernando Pais est médecin, se rend régulièrement au siège de la police politique y soigner un patient. Il y a plusieurs années de cela, il a décidé de profiter de la vie envers et malgré tout. Sa manière de marcher, de ne pas voir tout en voyant, d'aider dans la limite de l'acceptable, le maintiennent dans un équilibre fragile. Jusqu'à sa rencontre fortuite avec un gamin bravache...

    Dans cette poignante bande dessinée, entre dolce vita et tension permanente, se pose la question de choix difficiles (ou pas) à faire, de l'engagement et de ses formes, de soumission, quand la vie est sur le fil, si fragile et aléatoire sous une dictature.

    Un questionnement subtile où le retrouve l'atmosphère du remarquable et redoutable roman d'Antonio Tabucchi "Peirera prétend".


  • par (Libraire)
    25 janvier 2021

    Regarder ou détourner le regard ?

    Pereira prétend, le roman de Tabucchi, inspire les auteurs de BD. L’auteur italien, lusophone, racontait l’existence de Pereira, personnage falot, antihéros, petit bourgeois indifférent à la dictature Salazar, qui va devenir résistant par le concours de circonstances. Pierre-Henry Gomont en avait fait une adaptation fidèle en 2016 . Nicolas Barral avait en tête cet ouvrage depuis 2005. Il réalise, en même temps que sa première BD en solo, une adaptation particulièrement réussie de ce livre iconique, quinze années de réflexion et de maturation lui permettant d’affiner sans cesse son propos pour éviter le manichéisme facile
    Du roman, il ne conserve ici que l’esprit, le sujet, c’est à dire la rencontre avec un personnage qui accepte en apparence la dictature sans combattre. Il s’appelle Fernando Pais, il est médecin de ville, mène une vie tranquille entre son cabinet douillet et sa maitresse, femme d’un soldat parti faire la guerre en Angola. Certes ses visites professionnelles régulières à la Pide, la police politique du régime, lui laissent entrevoir des visages tuméfiés, mais rien de suffisamment fort ou déplaisant pour modifier le cours de son existence. Cela c’est le Fernando d’aujourd’hui, celui d’Août 1968, que l’on découvre dans les premières pages, celle d’un homme souriant, affable, jetant un regard amoureux sur la vie et sur sa ville.

    Mais il y’a le Fernando d’hier. Celui qui peut déclarer déclare « Il faudra un jour étudier l’influence des hormones sur l’action révolutionnaire ». Cette maxime il se l’ait appliquée à lui même, quand étudiant, dix ans auparavant, par le hasard de la vie, pour les beaux yeux d’une étudiante en lettres, il sortit de sa léthargie, prêt même à commettre un attentat. Minutieusement et habilement construite la BD oscille ainsi entre le passé, aux couleurs brunes du fascisme, et celles un peu plus riantes, d’une dictature qui mettra encore six ans avant de s’effondrer. Entre les deux, une zone que Barral appelle la « zone grise », celle des nuances. C’est là que l’auteur fait preuve d’une grande maestria en faisant de Fernando un homme qui ne rejette plus frontalement la dictature, « N’est il pas plus confortable au fond d’avoir au-dessus de soi quelqu’un à qui s’en remettre ou contre lequel se retrouver ? », mais qui a du mal à étouffer sa détresse passagère face à l’ignominie.

    C’est une époque que Barral reconstitue parfaitement, une époque où les portugais prennent l’habitude de causer en cachant leur bouche derrière leurs mains car les murs ont des oreilles. Comme sur la couverture où Fernando avance entre les gouttes, entre les coups de matraque de la police de Salazar, on chemine entre le bien et le mal, entre le refus et l’acceptation, une dualité que retranscrit l’existence d’un frère qui a choisi lui l’ordre et la tranquillité. On chemine aussi dans les rues de Lisbonne, dans le quartier de Bairo Alto, dans les bars de l’Alfana, d’où monte le chant mélancolique et grave du Fado, on prend le tram dans les rues escarpées craignant à chaque virage de heurter le mur d’une maison. Ou un enfant, petit Gavroche portugais qui par son insolence, son mépris de la peur, redonne goût à Fernando, pour le combat ou au moins la désobéissance civile.

    « Es tu des nôtres ?» demande à Fernando, sa future épouse. « Je suis avec toi » lui répond l’étudiant en médecine. Une réponse toute en nuance, essentielle à l’image de cette remarquable Bd profonde et riche de multiples détails, qui ne peut s’achever que sur un air de Fado, celui qui annonce la future révolution des oeillets. A laquelle Fernando a peut être finalement participé. Ou peut-être pas. Qui sait?

    Eric