• 15 janvier 2017

    A la recherche d'un fantôme

    J’ai connu Carole Fives au salon du livre de Bordeaux en 2010. Elle venait d’écrire « Quand nous serons heureux » (Le Passage) et je modérais une table ronde à laquelle elle participait. J’avais trouvé son petit livre touchant, riche de promesses. J’étais enceinte mais hormis le futur papa et quelques très proches, personne ne le savait. J’avais traversé ce salon en portant mon secret en moi ; et puis le matin du dernier jour, retrouvant par hasard Caroles Fives dans la salle du petit-déjeuner, nous nous étions assises à la même table, je lui avais confié mon ventre caverne, mes entrailles nourricières. Je lui avais aussi parlé de mon livre sur ces femmes et ces hommes qui veulent à tout prix ne pas faire d’enfant. Elle m’avait dit qu’en fin de compte, elle faisait peut-être partie de cette famille-là. Elle avait bientôt 40 ans, elle n’était sûre de rien, ne jurait pas qu’elle n’en aurait pas, mais se disait qu’elle n’était pas faite pour cela. La maternité.

    Toutes les femmes ne sont pas destinées à être mères. L’instinct maternel l’avait laissée tranquille. Elle s’était réjouie pour moi, mais tout cela ne la concernait pas.

    Et pourtant.

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